La crise financière semblant montrer quelques velléités d’accalmie, l’heure arrive des premières recommandations pour éviter que ce genre de dysfonctionnements puisse se reproduire. Quatre grandes pistes semblent pouvoir être distinguées.
La première place la qualité de la politique monétaire au centre du débat. Une politique monétaire trop longtemps relâchée nourrit un excès d’endettement servant d’accélérateur financier à la montée de bulles, d’où le débat initié en mars/avril dernier quant à la responsabilité d’Alan Greenspan dans la crise. Contrairement à ses prévisions, sa gestion a réclamé bien plus que quelques baisses de taux et la fourniture de liquidité aux banques. La politique monétaire se doit donc de trouver les moyens d’agir pendant la période de montée de bulle, mais sans tuer la croissance.
La seconde piste conseille… de ne rien faire. Les innovations financières qui ont porté la crise – produits dérivés, titrisation, produits structurés – seraient saines par essence et même un régulateur de bonne volonté ne saurait intervenir à bon escient. Cette position reste minoritaire chez les analystes de la crise.
La troisième piste propose de renforcer les règles prudentielles existantes. L’objectif est d’accroître le coût de la prise de risque par diverses mesures possibles : refuser aux banques une titrisation complète de leurs actifs risqués et les forcer à en conserver toujours une partie au bilan ; réduire les transactions de gré à gré aux marchés qui ont fait leurs preuves en la matière et obliger à une standardisation a priori des contrats liés aux innovations financières, actuelles et à naître, tout ce qui n’est pas autorisé étant interdit ; ajouter une dimension macroprudentielle aux politiques actuelles en imposant aux établissements concernés un provisionnement dynamique, important durant les périodes grasses, afin d’échapper au risque de procyclicité des politiques prudentielles.
La dernière piste est plus intrusive et réclame un New Deal financier, une politique de régulation tous azimuts : restriction des mouvements de capitaux internationaux, à l’instar de l’économiste américain Dani Rodrik, et protectionnisme financier, encadrement de la titrisation, régulation des places offshore, accroissement du coût du risque, nationalisation des agences de notation, etc. Une vision que semble partager le président des États-Unis lorsqu’il déclare que « dans le chemin qui nous fait avancer vers la création d’emplois, nous avons besoin de deux garde-fous pour éviter le retour des problèmes passés : nous devons mettre en place une stricte surveillance des banques, de la distribution des crédits et des investissements ; nous devons mettre fin à la possibilité de spéculer avec l’argent des autres… ». Mais, c’était Franklin D. Roosevelt, en mars 1933, un président confronté à la gestion des conséquences de la débâcle financière de 1929.
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2 commentaires
1. Grand Capital – 21/05/08 12:05
2. Equipe lapartderisque.fr / FFSA – 21/05/08 12:14
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